Complications psychiatriques chez les victimes avec un traumatisme crânien mineur : la vigilance est de mise

Sandrine Tinland le 26 mars 2019

Auteur : Dr Emmanuel Escard

Une étude américaine sur 1155 patients a révélé qu’avec 12 mois de recul la fréquence du PTSD et des épisodes dépressifs majeurs (EDM) étaient significativement plus importantes chez les traumatisés crâniens mineurs par rapport aux patient-e-s avec d’autres lésions traumatiques en orthopédie. Ce lien est encore plus fort pour les victimes de violence.

Cela correspond à notre impression clinique que dans les situations où des victimes ont été frappées à la tête (sans lésions profondes, avec un scanner cérébral normal), l’évolution est souvent beaucoup plus longue qu’attendue (>3 mois). Elles présentent un cortège de symptômes qui persistent (céphalées, douleurs du scalp, pertes d’équilibre, troubles de la mémoire et de la concentration, troubles du sommeil, intolérance au bruit, méfiance et phobie d’un autre coup à la tête…), ce qui fait allonger la durée des arrêts de travail le cas échéant et de l’utilisation des psychotropes. Ces tableaux cliniques vont souvent bien au-delà du classique syndrome post-commotionnel (anciennement appelé syndrome subjectif des traumatisés crâniens).

Les cliniciens doivent penser à un suivi psychologique suffisamment tôt et à un follow-up après ce type de traumatisme responsable à 6 mois de PTSD dans 1 cas sur 5, d’EDM dans 1 cas sur 10. Cela a encore plus d’intérêt si la victime a des antécédents psychiatriques ou cumule des facteurs de vulnérabilité. Le fait que la victime ne se rappelle pas ou peu des faits ne doit pas limiter l’aide thérapeutique apportée.

Stein MB et al. Risk of Posttraumatic Stress Disorder and Major Depression in Civilian Patients After Mild Traumatic Brain Injury. JAMA Psychiatry. 2019;76(3):249-258.

 

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Publié par Sandrine Tinland

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