Ne pas aller bien et posséder une arme à feu : et si on en parlait ?

Sandrine Tinland le 26 juillet 2017

Les armes à feu sont fréquemment présentes dans les cas de suicide et les drames familiaux. Rien qu’à Genève il y aurait 130 000 armes à feu en mains privées (chiffres 2014) et le Conseil fédéral estime leur nombre à 2 millions au niveau du pays. Fort heureusement les citoyens sont raisonnables…

Or, posséder une arme à feu est un problème pour la santé et la vie du patient et des autres quand il y a un risque aigu de passage à l’acte ou quand sont présents de nombreux facteurs de risque de violences agies. Aux USA, il  est recommandé aux médecins d’aborder ce problème directement avec un minimum de formation à ce sujet, dans une perspective de médecine préventive (33 599 décès chez eux en 2014 versus 241 décès en Suisse en 2013 dont ¼ d’homicides…).

Cette évaluation doit être la même chez les patients ayant des idées auto-agressives ou hétéro-agressives. Les familles et proches peuvent être impliqués dans la réduction du risque.

Si le patient déclare qu’il a une arme à feu à domicile, il est conseillé de lui faire préciser si elle est personnelle ou non, si elle est chargée, enfermée à clé, avec des munitions dans un lieu séparé, s’il y a des enfants à proximité…

En cas d’un acte supposé imminent (dangerosité pour autrui ou la personne elle-même) et de présence d’une arme à feu à domicile, un signalement à la police cantonale doit être fait, que le patient soit hospitalisé ou pas (cf directive HUG).

 

Références :

Yes, you can : physicians, patients and firearms. Wintemute GJ, Ann Intern Med 2016. Assessing access to lethal means in suicidal patients. Betz ME, Depress Anxiety 2016.

Publié par Sandrine Tinland

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