Impacts des tortures sexuelles et prise en charge des migrant-e-s victimes

Sandrine Tinland le 24 octobre 2019

Auteurs : Mme Barbara Whitaker, Dr E. Escard

La torture sexuelle dans le contexte de la violence organisée, de la répression politique, de la guerre ou de la détention existe depuis toujours mais a assez peu été traitée dans la littérature comme un objet d’étude en soi. Le nombre de cas de tortures sexuelles est clairement sous-évalué en partie parce qu’il est très difficile d’aborder cette question pour les soignants et les victimes pour des raisons de pudeur, culturelles et aussi une réticence à raconter ou entendre les horreurs que la personne a pu subir.  Ceci est problématique car les conséquences de la torture sexuelle ne sont pas les mêmes que les conséquences de la torture physique ou psychologique, et on observe une différence importante de l’impact de la torture sexuelle sur la santé globale et selon le genre.

Evoquer la torture sexuelle avec un patient demande déjà un lien thérapeutique solide et la possibilité d’écouter cette histoire avec empathie, compréhension et assez de recul pour pouvoir amener la personne à faire sens de ce vécu traumatique pas comme les autres et des conséquences. Un travail de reliance est nécessaire pour favoriser l’élaboration psychique, reconstituer leur identité, permettre une résilience résolutive du trauma (plutôt qu’adaptatrice au trauma). Cela implique une co-construction d’un processus de soins avec reprise par le patient de son existence et réinscription dans le monde des semblables où la confiance humaine redevient possible.

Au travers d’exemples de cas tirés de la pratique de la Consultation pour victimes de torture et de guerre de Genève, nous avons évoqué au dernier Congrès francophone international sur les agressions sexuelles (Montpellier, juin 2019) nos expériences avec des patient-e-s victimes de tortures sexuelles et les leçons que nous en avons tirées. Les conséquences psychosomatiques, sexologiques et sur l’identité ont été abordées, de même que les outils utilisables pour en faciliter la narration, la documentation et le traitement des séquelles (cf. extraits de la Communication).

Partagez cet article

Publié par Sandrine Tinland

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *