Vidéos de la matinée scientifique UIMPV du 28 juin 2018

Emmanuel Escard le 3 septembre 2018

Matinée scientifique UIMPV partie 1

Matinée scientifique UIMPV partie 2

Le colloque pour les 20 ans de l’UIMPV a eu pour but d’explorer les différents types de violences psychologiques subies et agies au sein des couples, de préciser les différents facteurs qui peuvent les favoriser ou les limiter, et des pistes de traitement et de prévention.

Après une introduction sur les situations de violences psychologiques reçues à l’UIMPV et les mécanismes complexes en jeu, nous relevons que la pratique clinique quotidienne dans le domaine incite à adapter notre cadre de traitement et à s’interroger sur comment améliorer les prises en charge spécifiques. Une recherche a été lancée à Genève sur ce sujet, durant 3 ans, qui a pour but de mieux cerner les définitions et les besoins tant au niveau des professionnels de santé et du réseau que des femmes victimes.

Le traitement des personnes victimes passent souvent par une meilleure connaissance des stratégies d’emprise relationnelle et de leurs conséquences. Une thérapie de couple peut avoir un intérêt, sous certaines conditions, avec nécessité d’un décodage des interactions et d’un traitement des psychotraumatismes.

Le traitement des auteurs de violences psychologiques a également toute son importance mais nécessite un aménagement de la relation pour accueillir des expériences de destructivité, un discours opératoire, des victimisations antérieures mises en avant, des manipulations possibles etc. Il est visé la mise en jeu de capacités transformationnelles, celle-ci concernant aussi les professionnels qui peuvent être pris dans des mouvements défensifs de sidération, de fascination.

L’analyse des racines sociales et culturelles des violences permet aux praticiens de relativiser ces comportements, en ayant connaissance de l’évolution des représentations et significations des violences. Mettre du sens dans les mots, reconnaître une sensibilité plus large récente vis-à-vis des violences psychologiques avec des mécanismes complexes et insidieux en jeu, et un élargissement de l’incrimination par le droit et du contrôle social.

La violence est le dernier refuge de l’incompétence. Pour la traiter et la prévenir, des compétences à la fois scientifiques et humaines sont nécessaires, en gardant en permanence un esprit critique et d’autoréflexivité.

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Publié par Emmanuel Escard

Médecin-adjoint responsable de l’Unité interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence. Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences aux Hôpitaux universitaires de Genève.

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