« La violence psychologique, si elle est bien faite, on ne la voit pas ! » (participant à la recherche, entretien N3)

Sandrine Tinland le 28 février 2018

Auteure : Mélinée Schindler

Ce titre accrocheur est l’un des éléments qui nous est rapporté des entretiens que nous menons dans le cadre d’une recherche sur les définitions des violences psychologiques envers les femmes dans le couple. Cette étude se déroule depuis avril 2017 à l’Unité Interdisciplinaire de Médecine et de Prévention de la Violence (UIMPV). Dans la littérature scientifique ou en pratique pour les professionnels, il existe des difficultés à définir cet univers  interrelationnel complexe et souvent très peu visible. En général, les patients comme les professionnels évoquent les violences psychologiques en termes de harcèlement, d’insultes ou encore de menaces. Mais comment bien décrire un climat relationnel, un comportement contrôlant ou encore l’attitude d’un dénigrement par insinuation ?

Trop souvent, les violences psychologiques sont rendues visibles par l’effet qu’elles produisent sur la victime à travers différents symptômes (troubles post-traumatiques, perte d’estime de soi, etc.). Cependant, l’impact sur la personne ne saurait donner une indication générale et orienter la prise en charge, car il est variable selon chaque individu.

Afin d’appréhender les violences psychologiques, différents termes sont proposés aux professionnels de l’UIMPV. Ils leur permettent d’effectuer une première qualification des violences en remplissant le dossier patient et de garantir les statistiques annuelles de l’Unité. Cependant, les termes ne sont pas exhaustifs et restent mal définis (fréquence, intensité, subjectivité, auto-référence…) et les processus rencontrés sont plus complexes.

Grâce à cette recherche, nous examinerons les besoins spécifiques des professionnels du réseau de prise en charge des violences psychologiques conjugales. Nous souhaitons aussi questionner les expériences quotidiennes des femmes qui vivent des violences psychologiques dans leur couple, et par là développer une meilleure connaissance de ces violences pour adapter les stratégies de détection, d’intervention et de traitement.

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Publié par Sandrine Tinland

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