Contre la haine, l’éloge de l’impur…

Sandrine Tinland le 1 décembre 2017

Auteur : Dr Emmanuel Escard

La haine xénophobe, raciale, sociale et sexiste mine notre société. Elle a toujours existé mais les moyens de communication modernes la mettent au premier plan.

Les processus qui préparent ces conduites haineuses sont connus. Ils sont souvent en lien avec une rigidité de pensée, un désir d’homogénéité (p. ex. culturelle ou religieuse), une peur du changement et d’une perte de pouvoir et d’un certain confort. Un de ces processus consiste à rendre invisible les problèmes et les gens, parfois par le mépris et le discrédit. Faire que les invisibles n’appartiennent à aucun « Nous ».

On peut faire face à la haine par l’observation précise du réel, la connaissance de l’autre (et de sa douleur),  la capacité de distinguer et de douter de soi. Il s’agit aussi de lutter contre les normes de la visibilité et cette inquiétude qui consiste au dégoût projectif qui fait rejeter autrui au prétexte d’avoir à se protéger d’un préjudice social, d’une menace, d’un danger.  Les Droits de l’homme valent pour tous, pas seulement pour ceux qui nous ressemblent. Notre mission y compris dans les soins est de s’engager pour une société ouverte, plurielle dans laquelle la diversité peut s’épanouir, contre un fétichisme de la pureté dogmatique qui attise cette haine.

En médecine de la violence nous devons donc garder une vigilance face aux discours ambiants, dans une éthique clinique du sens, du lien, de la coopération et engagée.

Références :
– Contre la Haine, Caroline Emcke. Ed. Seuil, 2017.
– Escard E, Rinaldi Baud I. Complexité, interdisciplinarité et éthique des soins en médecine de la violence : principes d’une exception qui ne devrait pas l’être.        Forum médical suisse, 2015 ; 96 (31-32) : 1107-1110

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Publié par Sandrine Tinland

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